CHAMBERY, 5 mars 2008 (AFP) - L’avocat général a demandé mercredi à la cour d’appel de Chambéry d’émettre un avis favorable à l’extradition demandée par Kigali de Claver Kamana, un homme d’affaires rwandais, présenté comme un important instigateur et exécutant du génocide au Rwanda en 1994.
“Je vous demande d’émettre un avis favorable compte tenu du fait que les conditions juridiques” de la procédure “me paraissent répondre aux exigences de la loi française”, a déclaré l’avocat général, Jean-Claude Berlioz.
La chambre d’instruction de la cour d’appel a mis son avis en délibéré au 2 avril.
A l’audience, Claver Kamana, interpellé le 26 février à Annecy (Haute-Savoie) sur la base d’un mandat d’arrêt international émis par le parquet de Kigali et écroué en Savoie, a refusé son extradition et contesté les faits qui lui sont reprochés.
“L’accusation” selon laquelle j’aurais “organisé les massacres est trompeuse”, a déclaré M. Kamana, un entrepreneur né en 1936, assurant avoir été pillé de tous ses biens et avoir dû se cacher pour échapper à la mort au Rwanda.
Le suspect se trouvait depuis 1999 en France, où il a demandé en vain le statut de réfugié politique affirmant être persécuté dans son pays. Il bénéficiait d’un statut de visiteur temporaire.
La justice rwandaise le présente comme un leader local de la milice Interahamwe, qui a pris part dès 1990 à l’organisation du génocide puis d’avoir “activement participé” à des tueries entre avril et juillet 1994 dans la commune de Runda (préfecture de Gitarama, centre).