
PARIS, 7 avril 2008 (AFP) – La secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme Rama Yade a déploré les “faiblesses” et les “erreurs” de la communauté internationale, dont la France, au Rwanda, lors d’une cérémonie à Paris en souvenir du début du génocide de 1994 dans ce pays.

Ces événements “nous obligent, France comprise, à réfléchir à nos faiblesses ou à nos erreurs”, a-t-elle déclaré lors de cette cérémonie organisée devant le “Mur pour la Paix” par l’association Ibuka d’aide aux survivants du génocide rwandais et l’Union des étudiants juifs de France (UEJF).

Mme Yade a rappelé que les présidents français Nicolas Sarkozy et rwandais Paul Kagame s’étaient engagés à “normaliser” les relations entre les deux pays, après la décision de Kigali en novembre 2006 de rompre les relations diplomatiques avec Paris. La secrétaire d’Etat s’est également félicitée qu’une visite à Kigali en janvier du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner ait constitué “une avancée significative du nouveau dialogue qui s’est instauré” entre les deux pays. Le Rwanda accuse la France d’avoir soutenu militairement, même après le début des massacres, le régime extrémiste hutu qui a planifié le génocide qui a fait 800.000 morts, selon l’ONU, parmi les Tutsis et Hutus modérés.

La France pour sa part reconnaît des “erreurs” dans sa politique rwandaise, mais a toujours récusé les accusations lui faisant porter une responsabilité dans les massacres. M. Kouchner a pour sa part estimé en janvier que la France avait commis “une faute politique” au Rwanda, mais s’est catégoriquement refusé à critiquer le rôle de l’armée.
Crédits photos: Bruce Clark.
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