Le 2 avril 2009 – 19h30 : – Projection-rencontre autour du film de Jean-Christophe Klotz,
« Kigali : des images contre un massacre »
(France, Documentaire, 2006, 94 min, Sophie Dulac distribution)

Juin 1994. Kigali, capitale du Rwanda, est livrée aux milices extrémistes Hutu ainsi qu’à l’armée rwandaise. L’auteur, à l’époque reporter-cameraman, est atteint d’une balle à la hanche lors de l’attaque d’une paroisse où se trouve une centaine de réfugiés.
Dix ans après, il retourne sur les lieux pour retrouver la trace des éventuels survivants et de ses éphémères « compagnons de route ». Ce film propose une réflexion sur les limites du pouvoir de l’image, sur le traitement à la fois médiatique et politique de ces événements.
Cette projection sera suivie d’une rencontre en présence de Jean-Christophe Klotz, réalisateur, Marcel Kabanda, historien, consultant à l’UNESCO, président d’Ibuka-France et Yves Ternon, docteur en histoire à l’université ParisIV-Sorbonne.
Adresse :
Mémorial de la Shoah
Auditorium Edmond J. Safra
17 rue Geoffroy-l’Asnier
75004 Paris
Métro : Saint-Paul ou Hôtel de Ville(ligne 1), Pont-Marie (ligne 7)
Le 6 avril 2009 à 17h : – Projection du film de R. Glucksmann, D. Hazan et P. mezerette
« Tuez-les tous, histoire d’un génocide sans importance»
À l’occasion du 15ème anniversaire de ce génocide, pour ne pas oublier et chercher à comprendre, nous vous invitons à la projection de « Tuez-les tous, histoire d’un génocide sans importance», de R. Glucksmann, D. Hazan et P. Mezerette
La projection sera suivie d’un débat, animé par M. Tumba Shango Lokoho, professeur de littérature à Paris 3, spécialiste des récits du Génocide rwandais, et des représentants d’Ibuka, l’association des rescapés du génocide.
Adresse:
Université Paris 3 – Censier, Salle de projection (Rez de Chaussée)
13 rue de Santeuil
75005 PARIS
Le 7 avril 2009 : Thème : L’oubli, nouvel abandon et un encouragement à d’autres catastrophes
Entre avril et juillet 1994, devant les caméras du monde entier et en présence de la communauté internationale, au Rwanda, plus d’un million de civils ont été massacrés dans leurs maisons, dans les églises, dans les enceintes des bâtiments administratifs, dans les marais, sur les barrières placées au travers des chemins, pour le seul fait qu’ils étaient Tutsi ou d’avoir refusé l’idéologie génocidaire. Parce qu’ils ne sentaient pas concernés, un grand nombre de voisins Hutu ont préféré regarder ailleurs ou fermer leurs portes à ceux qui cherchaient refuge auprès d’eux. D’autres ont participé à la chasse à l’homme, aux pillages et aux tueries. Les étrangers, y compris les missionnaires, religieux et religieuses qui vivaient depuis longtemps au milieu des populations, ont été exfiltrés de toutes les régions, rassemblés à Kigali, conduits sous escorte des militaires des Nations Unies à l’aéroport pour être évacués vers leurs pays d’origine à bord d’avions spécialement affrétés. Ils ne voulaient pas être témoins de ce carnage africain.
Quinze ans, c’est bien peu, car les faits sont encore frais en nos mémoires, mais c’est aussi déjà trop long, pour celles et ceux qui ont été privés de la présence et de l’amour des leurs et qui attendent la justice, la vérité et la réparation.
Aujourd’hui, certains continuent de détourner le regard et de nier ce que prouvent silencieusement les crânes et autres ossements dispersés ça et là dans le pays ou exposés dans les églises et certains bâtiments publics, en utilisant les mots qui ont nourri la haine et rythmé les tueries. En tant qu’association dont l’objet est la préservation de la mémoire, la justice et le soutien aux rescapés, Ibuka met en garde contre l’oubli, car oublier c’est disparaître et vous invite à participer à la 15ème commémoration du génocide qu’elle organise le 7 avril prochain. Parce que commémorer, c’es redonner leur humanité à ceux qui ont été déshumanisés. C’est aussi un acte de résistance contre une légitimation du crime qui en annonce d’autres.

15h : Rassemblement public devant le Mur pour la Paix (Champs de Mars)
18h30 : Veillée du souvenir : témoignages, prières, offrandes, chants
Lieu : 62, rue Marcadet, Paris XVIII
Du 14 au 19 mai, une semaine de commémoration co-organisée sous formes de tables rondes et de conférence avec le Mémorial de la Shoah, 11 avril 2009 : Journée de conférences (10h- 17h)
Lieu : 62, rue Marcadet, Paris XVIII, au siège de Médecins du Monde.
Thème : De la Responsabilité de protéger au devoir de mémoire, de justice et de réparation
Le génocide n’a pas seulement détruit des vies, il a aussi ruiné les ressources ou tout ce qui concourt à la vie matérielle des individus. Les biens ont été pillés, les maisons détruites. Les enfants ont perdu la chaleur du foyer familial et la protection des parents. Le génocide a privé les personnes âgées de l’aide et de l’accompagnement que les enfants accordent habituellement à leurs vieux parents. C’est l’identité du pays qui a été mise en péril et le capital de base de son développement qui a été affecté. Certaines de ces pertes sont irréparables, irréversibles. Mais pour d’autres, il est possible, et c’est un devoir, de réparer. On peut redonner un toit à une veuve, soutenir l’éducation d’un enfant, permettre aux jeunes et aux moins jeunes des rescapés du génocide d’avoir accès aux soins, apporter à l’Etat le crédit dont il a besoin pour remplir ses missions envers ses citoyens. Le peu d’empressement que met la communauté internationale à rendre justice, la bonne conscience des négationnistes et des révisionnistes ne sont pas sans rappeler la surdité et l’aveuglement qui ont accueilli les signaux d’alarmes allumés ou lancés avant le génocide.
I. La communauté internationale et le génocide des Tutsi :
faillite ou complicité ? (10h – 11h)
1. Quand le génocide est déclenché, les casques bleus de l’ONU décrochent, par Augustin Gatera, ancien fonctionnaire de l’UNESCO
2. La trahison, par Jeanne Uwimbabazi, rescapée, Présidente de l’ « Association des jeunes rescapés du génocide »
3. La solidarité africaine à l’épreuve du génocide par Nestor Bidadanure, journaliste, chercheur universitaire dans le domaine de la « Résolution des conflits »
II. Le devoir de Mémoire et de soutien aux rescapés (11h-12h20)
1. En quoi le déni d’un génocide est-il le prolongement de l’entreprise de destruction qui le constitue, par Hélène Piralian-Simonyan, psychanalyste. Travaille notamment, à partir du génocide des Arméniens et à l’aide de la psychanalyse, à l’élaboration d’une définition de ce qu’elle nomme “la structure génocidaire” et sur les effets psychiques de destruction qu’elle engendre pour les survivants mais aussi pour leurs héritiers et ceux des bourreaux ; auteur de l’ouvrage « Génocide, disparition, déni. La Traversée des deuils », Ed L’Harmattan, 2007
2. Que peut faire l’Art ? par Mme Soko Phay – Vakalis
Maître de conférences au département d’Arts plastiques de l’Université de Paris.Co-directrice avec Pierre Bayard du programme « Œuvres mémorielles face à la violence extrême » à la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord, auteur de plusieurs articles, dont « Les images suspendues d’Alfredo Jaar », acte du colloque international sur la « Photographie & Corps politiques », 20-21 octobre 2006
3. Comment rompre l’isolement ? par Madame Amélie Schafer, Psychothérapeute et Présidente de l’Association « Retrouve le sourire », suit pour le compte de Médecins du Monde le projet de soutien psychologique des rescapés du génocide face devant les procédures Gacaca
4. L’alternative de la société civile, par Mme Anne-Marie Truc, Médecin, Présidente de l’Association « Intore za Dieulefit »
III. Le devoir de justice et de réparation (14h30-15h30)
1. Retour sur le principe de la responsabilité de protéger, implication et limites, par Mme Sandra Szurek, Professeur, Université Paris Ouest Nanterre La Défense, membre du Centre de Recherche de l’Institut des Hautes Etudes International es (IHEI), de l’Université de Paris II- Panthéon-Assas
2. Les limites de la justice internationale, par Maître Gilles Paruelle, avocat, Barreau de Pontoise, co-fondateur du Barreau de Kigali (Rwanda)
3. L’alternative de la compétence universelle, par Maître Michèle Hirsch, avocate au Barreau de Bruxelles et à la CPI, elle a participé aux procès tenus à Bruxelles contre des accusés du génocide devant la Cour d’Assises (Belgique)
4. L’Etat Rwandais : entre les impératifs de reconstruction, de réconciliation et le devoir de justice à l’égard des rescapés, par M. Eugène Gashugi, membre du Conseil d’administration d’Ibuka Rwanda.
IV. Débat, Recommandations et conclusion (16 h-17 h)
Avec le soutien des associations : CRF, UEJF, SOS Racisme, Mémorial de la Shoah, Centre Simon Wiesenthal, Etude sans frontières, CPCR, Conseil de coordination des organisations arméniennes de France, Comité de défense de la cause arménienne, Fondation pour la Mémoire de la Shoah, Survie, Nor Seround.
Venez avec nous rendre hommage à la mémoire des victimes
et témoigner de notre soutien aux rescapés.

Pouvons-nous faire un bilan critique de notre commération? Objectif : mieux, encore mieux préparer la prochaine(?)